Monthly Archives: mars 2015

Quelle méthode de management pour quelle entreprise

Différentes pratiques de management existent et se développent en continu.

Selon l’entreprise en question, elles peuvent être plus ou moins efficaces auprès des employés.

Aujourd’hui, la plus utilisée est le management participatif car avec cette méthode managériale, la motivation des salariés est stimulée et ils sont donc plus productifs.

Les différentes méthodes de management :

Le management autoritaire

Cette pratique fonctionne avec un système de communication verticale. Les décisions viennent du haut et sont transmises aux employés. Ces derniers ont pour seule mission d’appliquer ce qu’on leur demande. Le pouvoir du chef est alors le seul à être important. Ce type de management est de plus en plus relégué au placard car on a montré qu’un processus de décision n’intégrant pas les salariés n’était pas motivant et donc peu efficace.

Le management participatif

Aujourd’hui, la mode est au management participatif. C’est une méthode qui se développe et son efficacité à plusieurs fois été prouvée. Avec un tel fonctionnement, la manager met l’accent sur la coopération. L’importance est d’avoir une bonne atmosphère du groupe plutôt qu’une autocratie. Plus les groupes sont cohésifs, plus les membres sont attentifs les uns par rapport aux autres. En demandant leur avis à ses employés, le manager les intègre à la gestion d’un projet. Chacun est invité à se mobiliser autour du projet pour qu’il réussisse. Se sentant plus importants, les salariés sont alors plus motivés et travaillent avec davantage d’intérêt.

La « contrainte souple »

David Courpasson, sociologue, explique que dans certains cas la pression hiérarchique est remplacée par une « contrainte souple ». Pour que les employés ne se sentent pas obligés, on leur fait intégrer la contrainte. L’individu est renvoyé à lui-même. C’est une nouvelle forme managériale pour diminuer la pression au salarié. On est ici davantage dans la souplesse. Le salarié ne se dit plus « je dois » mais il pense « il faut que ». Pour la stabilité du projet, les individus doivent internaliser les normes managériales. Pour imposer une « contrainte souple » aux employés, le manager leur faire partager la même vision des choses et une culture d’entreprise. Pour augmenter son pouvoir stratégique, le manager s’intéresse au vécu des salariés et s’approche de leur environnement. Le discours du manager doit s’adapter pour être recevable par l’employé.

Un avocat pour quoi faire ?

Un avocat est un individu qui va prendre la défense d’une personne physique ou morale lors d’un procès, et qui va fournir des conseils juridiques concernant différentes activités aux particuliers comme aux professionnels (exemple: rédaction d’un contrat de travail). Un avocat peut être généraliste ou spécialisé dans un domaine du droit. En effet, certains avocats peuvent aborder tous les dossiers et d’autres seulement certaines affaires comme le droit du travail ou le droit fiscal par exemple.

Les intérêts de prendre un avocat

Un individu, une entreprise, ou une association a intérêt à prendre un avocat principalement pour 3 raisons : – Pour défendre ses intérêts lors d’un procès – Pour obtenir des conseils juridiques – Pour réaliser un acte sous seing privé Un avocat représente et défend une partie lorsqu’il y a un procès, mais ce dernier est également compétent pour accompagner les entreprises et les particuliers dans la réalisation de leurs projets et résoudre des litiges. Enfin, un avocat peut également être appelé pour accomplir des contrats et des actes de différentes nature, comme un contrat de travail ou des formalités.

Les choses à savoir sur les avocats

> Un avocat n’est pas obligatoire (sauf dans certains cas, exemple : personne handicapée mentale)

> Il est recommandé de contacter rapidement son avocat pour un procès pour respecter au mieux les délais légaux et éviter la prescription.

> Les honoraires des avocats sont souvent des forfaits définis entre le client et l’avocat. Les tarifs peuvent varier en fonction de la renommé du maître, le travail nécessaire pour résoudre l’affaire, ou encore la difficulté.

> L’aide juridictionnelle peut financer les frais de justice et les honoraires d’avocats (partiellement ou totalement)

Source : http://www.finance-hebdo.fr/avocat-justice/

Un mode de Management pragmatique : QRQC

Le QRQC s’invite de plus en plus dans les entreprises de tous secteurs d’activités confondus (automobile, aéronautique, BTP, agroalimentaire, …) du fait de ses résultats à la fois rapides et performants. A travers l’approche QRQC, le management sollicite les opérateurs et les encourage à signaler tous dysfonctionnements de façon à pouvoir traiter le problème au plus vite par une « expertise » terrain , le partage d’observations et de solutions pouvant éradiquer le problème rencontré. QRQC : une méthodologie réfléchie et concrète Il existe trois niveaux d’intervention. Les niveaux diffèrent selon le degré de complexité des problèmes de qualité, de productivité, de sécurité à traiter. Le niveau 1 traite de problèmes simples qui font appel au bon sens. Il est piloté par le leader (1er niveau d’encadrement) avec au moins un opérateur concerné. Ensemble, ils ont la capacité à résoudre le problème (au moins de trouver la cause), la plupart du temps sans avoir à faire appel aux fonctions support. Le niveau 2 traite de problèmes plus complexes à résoudre, et nécessitant la constitution d’un groupe de résolution, impliquant des fonctions support à la production (qualité, méthodes, maintenance…), et piloté par le responsable d’atelier ou d’unité de production, et toujours en impliquant les opérateurs concernés. Ce sont, soit des sujets récurrents au vu des analyses (pareto), soit des réclamations clients, soit des QRQC niveau 1 n’ayant pas abouti, et ayant un impact certain sur la performance de l’unité ou de l’atelier. Le niveau 3 quant à lui traite davantage de problèmes ayant un impact sur la performance de l’usine, et souvent en interfaces à deux unités de production. Il est piloté par le Responsable Production, avec la participation des chefs d’ateliers ou d’unité et les fonctions support concernés. QRQC et le principe du JIDOKA Le JIDOKA (principe Lean-manucfacturing) s’applique sur ces trois niveaux d’intervention. C’est un terme japonais signifiant : transfert de l’intelligence humaine à la machine. A travers ce principe, le management donne le pouvoir aux opérateurs d’arrêter la production soit manuellement soit automatiquement dès lors qu’un problème apparaît. L’objectif étant bien évidemment d’éliminer tout écart par rapport aux objectifs attendus, d’être capable d’être réactif et de résoudre les problèmes immédiatement. Le JIDOKA permet aux managers de valoriser l’humain au sein de organisations de production (de biens ou services) . En effet, le management ne demande pas seulement aux opérateurs de produire des pièces mais aussi de la qualité en favorisant la capacité des acteurs de terrain à observer la dérive et à alerter sur la situation « anormale » pour plus vite la traiter . Pour plus d’informations, contactez l’équipe Euro-Symbiose au 02 51 13 13 00 ou consultez le site web Euro-Symbiose.

Source : http://www.finance-hebdo.fr/qrqc-un-mode-de-management-pragmatique/
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La croissance ou la décroissance ?

Mais au fait, c’est quoi cette croissance, dont on entend parler des dizaines de fois par jour « dans le poste » ?!

Proposition d’explication : la croissance est un indice mathématique, un imaginaire, un système. Au final, la croissance est une idéologie.

 La croissance est un indice mathématique : c’est l’augmentation continuelle de la production de biens de services, et d’échanges dans une économie. Cette production est mesurée par le PIB. Ce dernier ne tient pas compte de la qualité des productions : une économie qui soigne au lieu de prévenir est en croissance. Le nettoyage d’une marée noire, faire la guerre, participent à la croissance. Construire des écoles aussi.

– La croissance est un imaginaire : la croissance, c’est le progrès, le mieux. Une plante croît. Un enfant grandi. La croissance, c’est positif. La croissance apporte le bonheur… la croissance est la condition du bien-être des populations. La croissance est synonyme d’emplois.

– La croissance est un système : le système est productiviste. De tous les systèmes productivistes, le capitalisme est apparemment le plus efficace pour faire croître le PIB (ou du moins, le plus efficace pour faire croire qu’il est le plus efficace). Le système s’appuie sur la technologie, voire le techno-scientisme, sur la valeur travail, l’esprit de concurrence, le devoir de compétitivité. Ce dogme de la concurrence fait que le système est surtout le plus efficace pour créer de l’inégalité entre les plus riches et les plus pauvres (toutes échelles confondues), mais « peu importe, puisque grâce à la croissance, il leur restera quand même quelques miettes ». Ce système a de plus en plus besoin d’énergie pour fonctionner, c’est un système à forte entropie. Ses moteurs sont l’obsolescence programmée, la dette et la publicité.

– L’idéologie de la croissance consiste à faire l’amalgame entre l’indice, l’imaginaire et le système. Ainsi les 1% les plus puissants des 20% qui exploitent les derniers 80% s’appuient sur un indice apparemment objectif, pour conforter le système et ses conséquences, en promettant l’imaginaire lié à cette croissance. La promesse du bonheur au service d’un système. Une croyance qui relève de la pensée magique.

La Décroissance, c’est dénoncer les méfaits de la croissance telle qu’elle est définie ci-dessus. La Décroissance, c’est une vision cohérente d’une société non-violente, sans exploitation de l’homme par l’homme, respectueuse de son environnement sans obéir à la croyance économique. Et la Décroissance, c’est proposer des utopistes de transition vers ces sociétés soutenables et souhaitables : dotation inconditionnelle d’autonomie (gratuité des besoins de base couplée à une forte progressivité des prix pour la consommation supplémentaire, services publics, monnaies locales complémentaires fondantes), alliée à un revenu maximum autorisé, relocalisation et circuits courts (agriculture, productions manufacturées,…), …
L’objectif de la Décroissance n’a jamais été figé sur la diminution du PIB. La Décroissance c’est proposer d’autres pistes, d’autres alternatives sans rester axé sur les référentiels du capitalisme qui n’ont pas de sens. La Décroissance n’a jamais été la décroissance du PIB pour la décroissance du PIB.

La croissance économique

Pour une entreprise, la croissance signifie une augmentation durable de ses activités (croissance du chiffre d’affaires).

Cette croissance peut être d’origine interne par intégration des réserves au capital social (autofinancement des investissements), ou d’origine externe (emprunts, émissions de nouvelles actions).

Pour une économie nationale, la croissance se matérialise par l’augmentation sur une longue période du Produit National Brut (PIB) réel (à prix constants) par habitant. Véritablement initiée au début du XIXe siècle à la suite de la révolution industrielle, la croissance économique a permis une amélioration du niveau de vie des individus.

Les facteurs de la croissance économique, retenus dans les « modèles de croissance », sont la quantité de capital, le volume de la main d’œuvre, la qualité de la main d’œuvre (éducation), le progrès technique et l’innovation.

Des nombreux auteurs ont montré que parmi ces différents facteurs de croissance, les éléments qualitatifs (dits aussi « facteurs résiduels » : niveau d’éducation, progrès techniques, niveau de concentration des entreprises, etc.) sont plus importants que les facteurs capital et travail réunis.

La croissance économique peut être soit extensive (augmentation du PIB réel due à l’augmentation des facteurs de production), soit intensive (pas d’augmentation des facteurs de production).

La Chine est le pays connaissant depuis quinze ans la plus importante croissance économique au plan mondial (+ 10 % en moyenne entre 2000 et 2008), les Etats-Unis ayant connu pendant la même période une croissance de l’ordre de 3 % par an, l’Union Européenne une croissance de 2 % par an.

De nombreux facteurs concourent à rendre la croissance instable. Les innovations ont un caractère imprévisible : au mieux, si l’on se réfère aux travaux de Schumpeter (Business cycles – 1939), l’innovation présente un caractère cyclique.

Les chocs de l’offre de biens et de services sont d’autre part nombreux (hausse des prix de l’énergie, etc.), et plusieurs composantes de la demande ont des ressorts psychologiques (surtout l’investissement et la consommation). Enfin la mondialisation de l’économie est porteuse de perturbations. L’interdépendance croissante des économies favorise la transmission internationale des crises, notamment des crises financières.

Apple, Facebook, Google … Des géants aux projets futuristes

 Les projets des géants de la Silicon Valley fusent et se concrétisent au fur et à mesure des mois qui passent. Apple, Google et Facebook ont chacun d’impressionnants projets pour leurs futurs locaux qui annoncent la métamorphose prochaine du paysage de la Silicon Valley. Retour sur ces trois concepts qui font beaucoup parler…

Apple, le vaisseau spatial

En 2006, Apple avait dévoilé son projet de nouveau siège social, en forme de vaisseau spatial ou d’immense anneau selon les préférences. Ce nouveau siège accueillera environ 12 000 employés de la marque à la pomme et tout sera fait de courbes, sans aucune forme ou pièce rectiligne.

Steve Jobs lui-même avait validé les dessins du bâtiment qui est actuellement en pleine construction à Cupertino, dans la Silicon Valley. Selon Tim Cook, il s’agira du bâtiment le plus vert du monde, qui possèdera de nombreux espaces verts  et sera conçu avec de nombreux panneaux solaires.

En résumé, le nouveau siège social d’Apple c’est : 26 hectares, 5 milliards de dollars et une livraison prévue fin 2016.

Facebook, « Zee-Town »

Après Apple, c’est Facebook qui a décidé de lancer son projet de bâtiment du futur en Silicon Valley. Son créateur, Mark Zuckerberg, a l’ambition de créer une ville Facebook à Monlo Park, juste à côté du siège social du réseau social, qui sera comme une typique ville américaine avec des routes, des logements, des hôtels, des supermarchés, etc. Les 10 000 salariés de Facebook y seront accueillis, avec leurs familles dans différents types de logements allant de villas pour les grands cadres à des dortoirs pour  les stagiaires.

L’objectif de ce projet ? Favoriser l’innovation en créant un campus de recherche, selon un porte-parole de Facebook. Le but est de favoriser au maximum l’intégration des employés qui pourront profiter de services annexes à leur travail comme la gratuité de la cafétéria, une salle de sport, une garderie, etc. Mark Zuckerberg a également fait le choix d’intégrer sa nouvelle ville dans la nature, en imaginant des arbres sur les toits des logements par exemple, dans le but de respecter l’environnement dans lequel il souhaite voir son entreprise évoluer.

En résumé, Zee-Town c’est : 80,9 hectares, 200 milliards de dollars selon la presse américaine. La date de fin de la construction n’est pas encore connue.

Google, repenser l’espace de travail

Enfin, c’est Google qui vient de dévoiler à son tour son projet de rénovation de ses locaux de Mountain View, en Silicon Valley. L’adjectif qualifiant au mieux ce projet est modulaire, dans la mesure où les nouveaux bâtiments seront conçus avec des éléments flexibles et mobiles, pour respecter au mieux les besoins des différents services de Google.

Ce projet doit être appréhendé comme une communauté, un nouveau lieu de vie plus qu’un simple espace de travail dans l’optique où il prône la santé et le bien-être des employés ainsi que le respect de l’environnement. En effet, le campus sera vert et écologique, agrémenté de pistes cyclables et d’une verrière qui produira de l’énergie verte !

Google a donc décidé de repenser l’espace de travail avec cet immense projet de rénovation, et surtout de promouvoir la sérénité et l’écologie à travers des bâtiments inédits.

En résumé, les nouveaux locaux de Google c’est : 32 hectares, fin de la rénovation prévue en 2020 mais le budget reste à ce jour inconnu

 

Bien que différents, tous ces projets ont plusieurs points communs : une vision de l’entreprise de demain qui sera plus un lieu de vie qu’un simple espace de travail, la promotion du bien-être de ses salariés car, c’est connu, des employés heureux = des employés productifs ! Et enfin, les trois projets prônent un respect de l’environnement inédit en s’intégrant dans la nature de la Silicon Valley.

Quel projet sera le plus abouti ? Les bénéfices attendus seront-ils tous réalisés ? Après ces nouveaux bâtiments, quels projets innovants ? Rendez-vous dans quelques années…

Le pessimisme

le pessimisme en tant que système philosophique ne date guère, en Occident, que du XIXe siècle. Jusque-là, pour réfuter l’argumentation de l’optimisme théologique ou philosophique, on insistait bien sur l’existence du mal, mais on ne songeait guère à intervertir la thèse providentielle et à faire de la souffrance la loi la plus générale de l’univers. En revanche, à toutes les époques et dans toutes les civilisations, en peut discerner comme un pessimisme latent, qui, à l’état de tendance plus ou moins générale, de tour d’esprit habituel on d’attitude sentimentale, découvre et exprime à l’avance presque tous les arguments que reprendront Schopenhauer et son école (notamment Bahnsen). Sous cette forme, on peut même dire qu’il semble très voisin et souvent presque inséparable du sentiment religieux et du sentiment lyrique, et que l’aspiration des humains vers un au-delà mystérieux ou vers une beauté idéale ne va jamais sans quelque mécontentement ou quelque dédain des choses terrestres

Nous rechercherons quels sont les thèmes ou les sentiments caractéristiques du pessimisme tant qu’il garde ainsi la forme de méditation religieuse ou poétique et exprime simplement l’expérience individuelle ou collective de l’humanité; puis, dans quelles circonstances on l’a vu surtout se manifester; enfin, ce qu’il devient sous sa forme proprement philosophique, et ce qu’il vaut.

Les formes du pessimisme

Les grandes catastrophes, dans ce qu’elles ont de plus frappant pour l’imagination, surtout la douleur physique, furent les premières inspiratrices du pessimisme. Mais elles nous atteignent souvent par l’intermédiaire des autres hommes : le spectacle de l’égoïsme, de la cruauté, de la violence, des passions humaines ne se satisfaisant que par la souffrance d’autrui, l’injustice triomphante et la vertu maltraitée ou honnie, par suite le mépris on la haine des humains et de la société, ce sont là des expériences et des sentiments très simples et très généraux, qui constituent souvent, selon les philosophes classiques, tout le pessimisme primitif. Mais la douleur vient de plus haut aussi : ce qu’il y a d’imprévisible et d’illogique dans ses atteintes, d’injuste dans sa répartition, l’instabilité des biens de ce monde et la crainte de tous les maux extérieurs; la crainte aussi, par suite, des dieux, du destin, de la Némésis, qui frappent au hasard le bon et le méchant, le riche et le pauvre, et dont la volonté est sans appel, les décisions incompréhensibles et les coups sans remèdes; la révolte dès lors et la malédiction lancée à ce pouvoir tyrannique et cruel, ou la résignation craintive et sombre à l’inévitable, voilà comme au premier groupe d’impressions et de lieux communs pessimistes, les plus accessibles à la grande masse de l’humanité. Et tel est le sentiment qui inspirait à la sagesse antique tant de maximes découragées : que nul ne peut être heureux ou malheureux avant sa mort, que les dieux sont jaloux du bonheur humain, qu’il vaudrait mieux n’être pas né ou au moins mourir jeune; et c’est ce qui semble animer parfois, chez les tragiques, les plaintes d’Oedipe, et, dans une autre civilisation, ce qu’expriment, avec une puissance et une profondeur qui n’ont pas été dépassées, les imprécations de Job.

Mais la réflexion découvre à l’homme une source de douleurs plus amère encore, et surtout plus intime : non seulement tous nos plaisirs sont instables, mais encore ils se paient toujours, et bien cher; il y a tout un cortège de maux qu’ils traînent après soi, inquiétudes, besoins, passions, regrets, remords; c’est le surgit amari aliquid de Lucrèce; plus ils sont intenses et vifs, plus ils laissent de douleurs après eux, si bien que la simple prudence amène le sage à se priver, à tendre avant tout à l’absence de trouble, à l’indifférence, à l’apathie, et, pour vivre moins malheureux, à vivre moins. Ainsi l’hédonisme ancien et moderne se perd bien souvent dans le pessimisme.

Il y a plus encore : l’humain est condamné à mourir, et la pensée de la mort suffit à changer toutes ses joies en tristesse : comment se prendre sans amertume à ce qui nous échappe un peu chaque jour, à ce qui tôt ou tard nous manquera? Ainsi précaires et fugitifs, les biens humains sont impuissants à nous satisfaire; nous croyons en eux tant que nous ne les possédons pas ; à peine les voyons-nous de près, nous en sentons le vide; tous les désirs humains meurent dans la lassitude, le dégoût et l’ennui; si bien que, sans fin, nous aspirons à «autre chose» et qu’exaspérés par la monotonie universelle, Eadem sunt omnia semper, eadem omnia restant, nous avons la nostalgie de l’ignoré, nous voulons aller au fond de l’inconnu y trouver du nouveau.

Mais rien ne paie l’effort qu’il nous coûte, tout se résout en désillusion et en regret, la vie ne vaut pas la peine d’être vécue; et c’est, chez l’Ecclésiaste, la conviction que «tout est vanité», et le sentiment, chez Léopardi, de «l’infinie vanité de tout».

L’intelligence enfin augmente encore les maux de l’homme, parce qu’elle lui en donne une conscience plus entière, et qu’à son tour elle les multiplie par ses propres aspirations inassouvies, ses questions sans réponses, ses incertitudes et ses contradictions. Les humains ne savent ni d’où ils viennent ni où ils vont, leurs philosophies ou leurs religions sont branlantes et illusoires; leurs sciences, cherchant partout la vérité, mettent partout le doute; elles détruisent et n’édifient pas; elles deviennent ainsi l’instrument le plus raffiné de leur supplice. «L’homme est le rêve d’une ombre», disait déjà le vieux Pindare, et nos poètes, après trente siècles, dénoncent encore la vanité de notre savoir et «l’illusion suprême». Il semble, à reconnaître ainsi qu’il nous est également impossible de rencontrer le bonheur et de cesser de le chercher ou de l’espérer, qu’une puissance mauvaise se joue de nous et se plaît, pour des fins inconnues, à nous duper. Le seul désir légitime de l’humain ne peut plus être que d’épargner à ses descendants possibles le mal de vivre, et pour lui même de r entrer dans le néant que la vie a troublé.

Le pessimisme au fil des âges

Ces sentiments divers, qui se mêlent, d’ailleurs le plus souvent et s’entraînent l’un l’autre, ne semblent pas apparaître au hasard dans l’histoire, et certaines conditions semblent nécessaires à leur éclosion et à leur progrès. La première c’est, sans doute, le caractère ou les malheurs individuels de qui les exprime. Mais, quoi qu’on en ait dit, ceci n’explique pas tout. Le pessimisme implique en effet la réflexion. Puisqu’il consiste à désespérer du succès des désirs humains, à se défier de tous les instincts vitaux, il suppose une longue expérience, l’habitude de l’analyse et de la prévision, il ne saurait jamais être la conception primitive et spontanée que l’homme se forme des choses. D’autre part, il ne saurait naître ou se développer, semble-t-il, dans les périodes organisées et stables de l’histoire, mais là, au contraire, où s’accomplit quelque profond bouleversement politique, social ou moral, là où les idées traditionnelles sont ruinées sans que des idées nouvelles s’y soient substituées encore.

Le pessimisme, historiquement, apparaît donc comme le produit naturel des temps de crise et des civilisations vieillissantes, et s’il pouvait devenir parfois la philosophie permanente et durable d’un temps ou d’un pays, ce ne serait sans doute qu’en s’accommodant aux faiblesses humaines, en devenant en pratique une simple morale du renoncement et de l’ascétisme. Nous connaissons assez mal, il est vrai, les causes qui ont préparé le bouddhisme ou inspiré le livre de Job ; mais ce sont des périodes de confuses et laborieuses transformations politiques et morales que celles où paraissent l’Ecclésiaste ou Héraclite; et les deux grandes périodes pessimistes sont celles aussi que l’histoire nous présente, par excellence, comme des périodes de crise morale : les six siècles que le monde antique a mis à mourir, d’une part, la période qui démarre au début du XIXe siècle, d’autre part.

C’est vers le IIIe siècle av. J.-C. qu’apparaît, à Alexandrie, la doctrine de cet Hégésias peisithanatos, l’apôtre de la mort, dont le roi Ptolémée dut faire fermer l’école; c’est au Ier siècle av. J.-C. que se fonde, à Alexandrie encore, cette académie des «comourants» dont firent partie Antoine et Cléopâtre; c’est au temps de l’Empire que se manifeste le pessimisme si accusé d’un Pline l’Ancien, et cette «acedia», faite d’aspirations infinies et d’infini découragement, que s’efforçaient de guérir les premiers pères de l’Église. Enfin, le christianisme naissant, dans son attitude à l’égard du monde, est lui-même bien voisin du pessimisme: les adopte, en les transformant, presque tous les sentiments caractéristiques, dédain de la nature humaine et défiance de la raison, il affirme comme lui l’impossibilité du bonheur terrestre, et en reprend certaines conséquences pratiques, l’ascétisme, la mortification, la sainteté du célibat. Seulement, pour lui, la douleur même devient un bien, la vie une épreuve, la vanité un l’injustice des choses, la marque d’une réalité et d’une justice supérieures; du désespoir sort une nouvelle raison d’espérer. Le pessimisme de l’Antiquité finissante se convertit en son contraire.

Durant tout le Moyen âge, les sentiments proprement pessimistes ne reparaissent que bien exceptionnellement: la profondeur et l’unité de la foi leur font obstacle. Bien plus, la douleur sombre du christianisme primitif s’efface avec le temps, il devient, surtout chez les Jésuites, une doctrine de sens commun et de juste milieu, presque un optimisme terrestre

L’optimiste

  C’est quelqu’un, d’abord, au niveau de la vie courante, qui est naturellement disposé à être content de tout. Tout ce qui arrive est pour lui, par définition, « bien », même si c’est une souffrance, qu’elle m’arrive à moi ou à un autre. L’optimiste, c’est celui pour qui « tout est bien dans le meilleur des mondes », comme le dit Pangloss dans le Candide de Voltaire –qui s’attache à railler l’optimisme. Si on a une telle attitude, c’est en général en raison du fait qu’on croit que le monde est ordonné, que les parties ne peuvent rien dire sur le tout. D’ailleurs, en philosophie, l’optimiste est celui qui adhère au système optimiste selon lequel tout est beau et bien et bon dans le meilleur des mondes. On devine tout de suite pourquoi l’optimiste constitue une figure dangereuse : c’est qu’il peut, par exemple au niveau politique, s’opposer à toute réforme. Par exemple, le libéraliste est un optimiste, il croit que le marché s’auto-régule tout seul, et que donc, tout va finir par s’arranger sans qu’on ait besoin d’intervenir : il faut laisser-faire… Ou encore, l’optimiste pourra laisser être la souffrance du malheureux, puisqu’il ne peut qu’être content de ce qui arrive : cf. les stoïciens qui se réjouissent de la torture. Cela, évidemment, parce que l’univers est un tout, et au niveau du tout, la souffrance s’annule, ou bien lui profite, etc. On comprend donc que le fait que l’optimiste soit considéré comme incorrigible, signifie à la fois le blâme, l’inquiétude ; et que chercher les raisons pour lesquelles il est dit incorrigible pourra nous mener peut-être à voir les « rouages » de l’attitude optimiste. Si on le dit incorrigible, est-ce parce qu’être optimiste relève de l’irrationnel, et est par définition inaccessible à toute argumentation ? Ou bien est-ce parce qu’il est dogmatique, inattaquable, irréfutable ?


L’art de vivre ?

« Deviens ce que tu es »,

« carpe diem »,

« connais­-toi toi­-même »,

« accepte ce que tu ne peux changer et change ce qui peut l’être »…

Les leçons de sagesse délivrées par les philosophes antiques ou les manuels de développement personnel se résument en un petit nombre de principes – toujours les mêmes – censés améliorer l’existence.

Loin de converger vers un modèle unique d’existence, ces préceptes peuvent parler à tous et chacun peut en retirer un message. C’est l’une des raisons de leur succès universel. Petit tour d’horizon en dix leçons.

  1. Il y a trois bonnes raisons de vivre (plus quelques autres )

Chacun, à sa manière, donne une vision de l’art de vivre. Pour l’un c’est la quête de Bonheur, avec un B majuscule (comme on rêve d’un « grand Amour ») ; un autre se contenterait de supprimer sa souffrance. Pour un autre encore, vivre signifie : « accomplir quelque chose », qu’il s’agisse de réussite sociale ou familiale, de la réalisation d’un grand projet ou encore de se consacrer à sa passion. Dans tous les cas, il faut enchanter son existence. Ce peut être enfin mener une « bonne vie », c’est­-à­-dire une vie respectable.

Voilà donc trois horizons de vie : être heureux, se réaliser et mener une vie digne.

Le bonheur n’existe pas, ce n’est qu’un panneau indicateur. Et il indique plusieurs directions.

  1. La sagesse a une longue histoire (mais c’est toujours la même)

L’art de vivre se définit donc par ses buts (multiples) mais aussi par ses moyens. Il comporte cette idée supplémentaire : vivre, cela s’apprend. Comme il existe un art du combat, un art culinaire, un art de la chasse, un art du jardin…, il existerait donc aussi un art de vivre. On peut apprendre à vivre : ce qui supposerait un enseignement, un apprentissage, un entraînement, une expérience, une discipline et des leçons de vie.

On trouve des traits communs dans ces personnages et leurs sagesses  de l’antiquité à nos jours: l’affirmation d’une éthique intérieure, liée à une discipline de vie, une quête spirituelle (qui va au­-delà des rites et croyances communautaires). Se forger une sorte de « citadelle intérieure » selon la belle formule de P. Hadot . Moralité : l’art de vivre, ça se cultive. Comme les tomates.

  1. Vie active ou vie contemplative ? (il ne faut pas choisir)

Dans Condition de l’homme moderne (1961), Hannah Arendt distingue deux genres de vie : la vita activa et la vita contemplativa. Ce sont deux orientations de l’existence. La vie contemplative correspond à une quête du bonheur fondée sur le renoncement aux vanités que sont la richesse ou la course au succès. Pour la vita-contemplativa, le vrai sens de l’existence se trouve dans ce que l’on nomme aujourd’hui le « lâcher­-prise » : le fait de profiter de l’instant présent. Ce qui implique aussi un certain renoncement. Le bouddhisme avec ses quatre nobles vérités en offre la forme la plus poussée : la vie est souffrance, la souffrance est issue du désir ; supprimons donc le désir, on arrêtera de souffrir. Bref, il faut renoncer à vivre pour ne pas s’y abîmer…

La vie active (vita activa) est un modèle d’existence diamétralement opposé qui repose sur l’affirmation du désir et de l’action. Selon ce modèle de vie, le but de l’existence n’est pas la contemplation passive : vivre, c’est agir et s’accomplir. Une force vitale est en nous qui demande à s’exprimer. Elle nous pousse à agir, à se réaliser et à réaliser des choses. De ce point de vue, toute action, toute entreprise humaine suppose à la fois de la souffrance et du plaisir, l’une n’allant pas sans l’autre. L’art de vivre relève donc du manuel de combat. Friedrich Nietzsche représente le mieux cette philosophie de l’existence combative et quasi guerrière.

  1. Le mal est dans le bien (et réciproquement)

Vita contemplativa ou vita activa ? Philosophie du repos ou de l’action ? En y regardant de plus près, beaucoup des sagesses se situent à mi­chemin entre les deux. Le Bouddha, après avoir abandonné la vie de palais, avait recherché le salut dans l’ascèse la plus sévère prônée par les mystiques : cela impliquait le refus de tout plaisir et l’abandon total de soi. Finalement, il a opté pour la « voie du milieu ». De même Aristote dans son Éthique à Nicomaque prône une voie moyenne dans l’usage des passions : passion modérée et action réfléchie. Le stoïcisme et l’épicurisme prônaient également une voie moyenne, renonçant aux vaines ambitions sans pour autant renoncer à la vie active.

Vie active et vie au repos, action et contemplation, c’est au fond ce qui rythme nos existences : l’activité du jour succède à la nuit de repos, chaque semaine se conclut par un week­end, le travail et les loisirs s’enchaînent. Il faut être un philosophe fondamentaliste et obnubilé par des solutions définitives pour croire qu’il faille choisir entre les deux.

Vie active à plein régime, course au succès, culte de la performance ? Ça suffit ! Les surhommes(et les superwomen surtout) sont aujourd’hui fatigués. Les cadres sont à bout de course. Les autres aussi . Le culte de la performance et de l’excellence ne fait plus recette : il conduit au burn­out, au stress, et au « blues du dimanche soir » .

Ces philosophies de l’art de vivre, fondées sur le lâcher-­prise, l’instant présent, rencontrent du succès parce qu’elles sont en résonance avec une aspiration forte de notre époque. Face à un mode de vie stressant (course au diplôme, rythme de travail, actualités anxiogènes, surconsommation d’images et d’informations), nous souhaitons pouvoir « décrocher ». Le jardin d’Épicure prend aujourd’hui la forme d’un mythe : celui de la chambre d’hôte ou du gîte rural, là où se combinent la nature (pas trop sauvage : façon terroir local), de bons repas (gourmands pas gargantuesques), de bons vins (philosophie rime aujourd’hui avec œnologie) et de vrais amis (d’autant plus chaleureux qu’on ne les voit pas trop souvent).

À l’inverse, les vacances ne sauraient durer éternellement. Le renoncement total à ses grands projets, le retrait de la vie sociale, le refus d’exister pour ne prendre aucun risque ? Pas question ! La vie contemplative a ses propres limites : les moines contemplatifs sombraient dans la dépression, que l’on appelait autrefois l’acédie. Beaucoup de retraités se ruent aujourd’hui vers les associations, voyagent et s’occupent à mille activités, se remplissant des agendas de ministre. Car ils ont compris que l’inactivité à long terme est mortellement ennuyeuse, destructrice et sans aucun charme. La vraie saveur du repos ne s’apprécie qu’après une période d’intense activité.

Voilà donc pourquoi les manuels d’art de vivre antiques et les manuels de changement personnel contemporains oscillent tous entre l’appel au lâcher­prise (le culte de l’instant présent) et l’appel à se dépasser (le gouvernement de soi).

  1. De l’art de ne rien faire

Dans sa version zen, l’art de vivre se résume à la cérémonie du thé. Selon son grand maître Sen no Rikyû (1522­-1591), elle consiste à « faire bouillir de l’eau, préparer le thé et le boire ». C’est tout ? Oui. Cela veut dire

1) qu’il faut se concentrer sur ces gestes simples – c’est la meilleure méthode de faire le vide en soi, et

2) que pour être efficace, il ne faut faire qu’une seule chose à la fois.

Parmi les techniques mentales des sagesses antiques, occidentales et orientales, ou les méthodes contemporaines d’art de vivre, le lâcher­-prise est la plus universelle. Elle se décline sous de multiples formes consistant toutes à évacuer les idées qui nous agitent : angoisses, ruminations, projets, souvenirs, spéculations… anxiogènes et inutiles pour se concentrer sur l’instant présent. « Il faut retrancher ses deux choses : la crainte de l’avenir, le souvenir des maux anciens. Ceux­ ci ne me concernent plus et l’avenir ne me concerne pas encore », écrivait déjà Senèque dans ses Lettres à Lucilius.

Oublier le passé et ses remords, fuir le futur et ses angoisses pour se concentrer sur l’instant présent : voilà la principale recette de bien­être. S’ajoutent à cela toutes les techniques de relaxation, exercices de lâcher­-prise et autres baumes anti-stress de l’esprit.

Mais le carpe diem peut s’entendre d’une autre façon, moins « contemplative ». « Cueille le jour » peut aussi vouloir recommander de ne pas perdre de temps, de ne pas tout remettre au lendemain. Chaque jour est une chance à ne pas laisser filer. La vie entière n’est faite que d’une succession de jours qui offrent chacun un champ de possible… Bref, ne procrastine pas trop en remettant tout au lendemain.

Vivre l’instant présent, donc. Tout cela est bel est bien, mais est­-ce que cela marche si j’ai la main coincée dans la porte ? Cela ne m’aide pas plus si je dois préparer mes examens, planifier un départ ou prévoir le repas du soir. Vivre sa vie d’humain suppose de se projeter dans l’avenir et d’anticiper en se concentrant sur la forme de la tasse… L’art du bien­être est un art du repos. Mais il faut penser aussi à l’autre facette de l’existence humaine : l’action.

  1. Connais­-toi toi­-même (tout en restant indulgent)

Le principe socratique « connais­-toi toi­-même », inscrit sur le fronton du temple d’Apollon de Delphes, se retrouve encore aujourd’hui dans la plupart des psychothérapies, de la psychanalyse aux thérapies cognitivo­-comportementales (TCC). Qu’on l’appelle introspection, autoanalyse ou réflexivité, ce retour sur soi vise à mettre au jour les représentations implicites, les réactions routinières, les motivations et les émotions, les schémas de pensée récurrents.

Les bouddhistes comme les penseurs grecs avaient déjà fait cette découverte fondamentale : la subjectivité. Mes peurs, mes colères, mes joies, mes espoirs se nourrissent de représentations fantasmatiques. Il faut donc apprendre à distinguer les objets et leurs représentations, les situations réelles et la façon que j’ai de les percevoir. Les sages de l’Antiquité étaient « constructivistes » avant l’heure.

  1. Deviens ce que tu es (sauf pour les serial killers)« Deviens ce que tu es » : la formule maintes fois citée par Nietzsche (qui la tient de Pindare, un poète grec du Ve siècle av. J.‐C.) est énigmatique : comment peut­on devenir ce que l’on est déjà ? En fait, l’idée est que nous possédons tous des ressources et des prédispositions particulières qui demandent à être révélées. Mais comment savoir ?

La réponse se trouve chez le philosophe stoïcien Épictète. L’un de ces disciples lui demandait : « Comment chacun de nous peut­-il savoir ce qui répond à ses aptitudes ? » Épictète répond alors : « Comment le taureau, quand s’approche le lion, connaît­-il le courage et la force qui est en lui ? » La réponse est donc que c’est dans l’épreuve que la personne se révèle. Inutile donc de se regarder au fond de soi pour trouver ce que l’on doit faire. C’est dans la pratique que se révèlent forces et faiblesses.

Ce n’est pas tout. Si nous avons tous des dons (pardon, des prédispositions et des goûts) pour certaines activités, il faut aussi les cultiver. Épictète poursuit : « On ne devient pas soudain un taureau ou un homme d’élite, il y faut de l’exercice, de la préparation. Et ne pas se lancer à l’aveugle dans des entreprises qui ne sont pas à notre portée » (Entretiens, livre I).

André Gide le disait à sa façon : « Il faut suivre sa pente, mais en montant. »

  1. Ne compte pas sur ta seule volonté

L’art de vivre philosophique comme les techniques de changement personnel reposent sur le principe d’une transformation intérieure. Il faut changer ses pensées afin de modifier ses conduites. Cette conversion mentale est l’acte philosophique par excellence. Elle repose sur la connaissance de soi préparatoire à la maîtrise de soi.

Mais la volonté est fragile et ne compter que sur elle pour changer s’avère notoirement insuffisant. Tous ceux qui font des résolutions de début d’année le savent bien. La volonté finit toujours par se heurter à d’autres sollicitations, aux envies immédiates, aux distractions, aux routines et à mille autres assauts du réel.

D’où cette leçon essentielle : pour changer, il faut aussi transformer son environnement. En agissant sur son milieu, on agit en retour sur soi­-même. C’est ce que font spontanément certains adolescents qui savent qu’ils ne pourront pas résister à certaines tentations (jeux vidéo, copains, télévision) et demandent à entrer en pensionnat. Telle est la ruse d’Ulysse qui, sachant qu’il ne résistera pas au chant des sirènes, demande à être attaché au mât.

Le changement personnel passe par le changement de cadre de vie. On en a tous l’expérience : il suffit de sortir de son cadre habituel pour que nos idées changent. Les voyages, rien de tel pour se changer les idées. Le support social – amis, rencontres, clubs, associations, institutions – joue également un rôle majeur sur nos conduites : bon ou mauvais, il contribue à nous extirper d’une situation ou à nous y replonger. Les experts en changement personnel ont tendance à insister sur le rôle de tous les supports extérieurs dans la transformation de soi.

Les grandes religions ne s’y sont pas trompées. Cherchant à inciter leurs ouailles à se comporter en bons disciples, elles ont mis au point tout un arsenal de techniques de contrôle personnel : rituels quotidiens, images souvenirs, objets (chapelets ou moulins à prière), organisation communautaire, slogans simples, modèles de référence, etc. Le tout formant une sorte de kit existentiel destiné à encourager un modèle de vie de bons croyants.

  1. Ce qui dépend de moi…

Épictète dans un texte célèbre invite à séparer « ce qui dépend de moi » (et que je peux changer) et « ce qui ne dépend pas de moi » (et que je dois accepter). Inutile donc de s’angoisser pour des choses sur lesquelles je n’ai pas de prise : il faut apprendre à les accepter et même à les accueillir sereinement.

La leçon d’Épictète est aussi que l’on dispose toujours d’une marge de manœuvre pour desserrer l’étreinte (lui­-même était né esclave et a obtenu son affranchissement). L’art de vivre entendu comme capacité de maîtrise de soi, de contrôle de sa destinée a donc des racines anthropologiques, historiques et psychologiques très profondes : confrontés aux épreuves de la vie, nous avons mis au point des techniques mentales de survie. Certaines aident à supporter les souffrances et les frustrations, d’autres à s’armer psychologiquement pour affronter les défis.

En ce sens, l’art de vivre et le développement personnel ne sont pas des inventions de la modernité récente. Ils étaient présents en Grèce antique, en Chine ou en Inde anciennes et dans la plupart des autres civilisations.

Mais ces techniques sont incontestablement stimulées dans nos sociétés qualifiées de « réflexives » par les sociologues. Qu’il s’agisse des études, du travail, de la vie de couple, chacun est invité à faire des choix et à ne plus se soumettre à des directives imposées. La gestion de sa vie repose sur la mobilisation personnelle. D’où le besoin de discipliner son existence. Ce que ressentent bien l’étudiant livré à lui­même, le salarié relativement libre de gérer son emploi du temps et ses méthodes de travail (du moment qu’il atteint ses objectifs), le chômeur qui cherche à se réinsérer, l’alcoolique ou le fumeur qui souhaite se libérer de son addiction, etc.

La société de consommation et de communication nous soumet tous à des stimulations incessantes à consommer, à s’informer, à se distraire. Et l’individu, pris dans les mailles de son propre désir, éprouve le besoin de se dégager de cette emprise et de mieux maîtriser son existence. D’où une certaine adéquation entre les messages de simplicité volontaire qui ont le vent en poupe, et les sagesses antiques qui invitaient à modérer ses désirs et à résister aux vaines passions.

« Ce qui dépend de moi », c’est donc aussi se défaire de ces multiples stimulations, distractions, sollicitations ou injonctions qui me tiraillent dans tous les sens et m’empêchent de suivre les buts que je me suis fixés. Si je m’en suis fixés…

  1. N’attends pas qu’il soit trop tard

« Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard » (Aragon). Tel est le paradoxe de l’art de vivre : il faudrait tant de temps pour apprendre à vivre que l’on y parviendrait juste au moment où les forces nous abandonnent. Une autre idée déprimante voudrait que l’on apprenne à vivre à coups d’échecs. « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » (Nietzsche). Sottise ! Certes à force de se taper sur les doigts, l‘apprenti apprend à mieux tenir son marteau. De même, on pense à sauvegarder plus souvent ses données après avoir crashé une ou deux fois son disque dur. Mais la plupart des grands échecs ne rendent pas plus fort : ils nous traumatisent, nous fragilisent et nous affaiblissent .

Il est une façon plus positive d’envisager les choses. Boèce assignait à la sagesse un but de « consolation », Épictète la voyait comme un « remède » aux souffrances. Or qu’attend­on d’un remède ? Non pas qu’il nous donne santé et jeunesse éternelle, mais qu’il nous guérisse d’un mal
ou au moins en atténue les douleurs. Mais il va de soi que les leçons de philosophie ne sauraient offrir le bonheur absolu ni garantir le succès de nos entreprises. On sait aussi que les remèdes doivent être pris avec discernement : « Tout est poison, rien n’est poison, tout est question de mesure », disait Hippocrate. Chaque remède a enfin ses effets secondaires indésirables. C’est vrai aussi pour les leçons de vie.

La philosophie peut aussi être conçue comme un art de combat. L’art de la chasse nous enseigne à connaître le gibier, à traquer, à poser des pièges, à tirer. Mais il ne garantit jamais que la chasse sera bonne. L’art du dessin nous apprend à faire des paysages ou des portraits, mais ne donne ni le talent ni l’envie de dessiner. L’art de la boxe apprend à donner des coups, à les esquiver, à les encaisser. Il prépare au combat mais ne peut promettre toujours la victoire. Il en va de même pour l’art de vivre. Il aide à affronter les épreuves de la vie mais ne saurait en garantir l’issue.

Sauf pour la dernière, si l’on admet avec Montaigne que « philosopher, c’est apprendre à mourir ».

et pour aller plus loin encore :

http://go.626f7572626f6e6e616973z2ec6861726d6f766561.18.1tpe.net

A bientôt

La méditation

La méditation, une thérapie?

La méditation n’est-elle pas plutôt une pratique spirituelle ou religieuse?

En effet, ce sont bien les spiritualités orientales qui ont fait connaître la méditation aux Occidentaux.

Nombre de personnes disent que méditer sert avant tout à être véritablement en contact avec soi-même et de façon ultime avec « tout l’univers ».

Plusieurs experts de la méditation, dont l’auteur Placide Gaboury, affirment même que pour méditer véritablement, il vaut mieux ne pas avoir le moindre objectif. Toutefois, des recherches menées au cours des 40 dernières années ont permis d’observer que la méditation entraîne plusieurs bienfaits psychologiques et physiologiques mesurables.

Indépendamment du contexte culturel ou religieux, elle peut donc être utilisée par tous comme une approche favorisant le bien-être et la santé.

La méditation, à l’instar de plusieurs autres techniques, fait partie des Approches corps-esprit.

Si vous voulez en savoir plus :

http://go.626f7572626f6e6e616973z2ec656374686f6e697573.1.1tpe.net

A bientôt