L’optimiste

  C’est quelqu’un, d’abord, au niveau de la vie courante, qui est naturellement disposé à être content de tout. Tout ce qui arrive est pour lui, par définition, « bien », même si c’est une souffrance, qu’elle m’arrive à moi ou à un autre. L’optimiste, c’est celui pour qui « tout est bien dans le meilleur des mondes », comme le dit Pangloss dans le Candide de Voltaire –qui s’attache à railler l’optimisme. Si on a une telle attitude, c’est en général en raison du fait qu’on croit que le monde est ordonné, que les parties ne peuvent rien dire sur le tout. D’ailleurs, en philosophie, l’optimiste est celui qui adhère au système optimiste selon lequel tout est beau et bien et bon dans le meilleur des mondes. On devine tout de suite pourquoi l’optimiste constitue une figure dangereuse : c’est qu’il peut, par exemple au niveau politique, s’opposer à toute réforme. Par exemple, le libéraliste est un optimiste, il croit que le marché s’auto-régule tout seul, et que donc, tout va finir par s’arranger sans qu’on ait besoin d’intervenir : il faut laisser-faire… Ou encore, l’optimiste pourra laisser être la souffrance du malheureux, puisqu’il ne peut qu’être content de ce qui arrive : cf. les stoïciens qui se réjouissent de la torture. Cela, évidemment, parce que l’univers est un tout, et au niveau du tout, la souffrance s’annule, ou bien lui profite, etc. On comprend donc que le fait que l’optimiste soit considéré comme incorrigible, signifie à la fois le blâme, l’inquiétude ; et que chercher les raisons pour lesquelles il est dit incorrigible pourra nous mener peut-être à voir les « rouages » de l’attitude optimiste. Si on le dit incorrigible, est-ce parce qu’être optimiste relève de l’irrationnel, et est par définition inaccessible à toute argumentation ? Ou bien est-ce parce qu’il est dogmatique, inattaquable, irréfutable ?


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