Nous ne sommes pas en crise et vivons une grande mutation mondiale de même ampleur que la Renaissance.
Il y a quatre causes concomitantes à la mutation paradigmatique que nous vivons :
– La raréfaction des ressources naturelles bon marché ( énergies, eau douce , métaux, terres arables).
– Le saut technologique irréversible lié à la révolution numérique ( comparable au passage de la vie de chasseur-cueilleur à celle d’éleveur-agriculteur) .
– L’effondrement de l’économie financiarisée sur l’économie de masse, sur la guerre des prix et sur la spéculation et le passage de l’économie de niche à la valeur d’usage et à l’autofinancement.
– L’impasse et l’usure des valeurs modernes dues à l’émergence de nouvelles aspirations de vie (qualité de vie, joie, plaisir, bien-être, santé, amour , etc …
Ces quatre tendances forment un tout indissociable. C’est pourquoi il faut parler de crise systémique ou holistique ., Toutes les approches et mesures analytiques, segmentaires, spécifiques comme les affectionnent les économistes, les idéologues et les politiciens sont condamnées à l’échec.
A ces quatre ruptures lentes mais létales, doivent répondre quatre attitudes radicales qui impliquent un changement fort de nos modes de vie :
– A la raréfaction des ressources, doit répondre une logique fonctionnelle de frugalité,de simplicité et de sobriété, qui consiste à faire beaucoup mieux avec beaucoup moins.
– A la révolution numérique, doit répondre une logique opérationnelle de développement permanent de toutes formes d’intelligence au service de l’esprit humain .
– A l’effondrement capitaliste, doit répondre une logique économique basée sur des réseaux de petites entités autonomes et autofinancées ( sans endettement) , et ne visant ni la croissance , ni la taille , mais visant la valeur ajoutée de l’intelligence pour augmenter, toujours , la valeur d’usage de leurs produits ou services , et dont la vocation n’est de servir ni des rentes financières à leurs actionnaires, ni des rentes sécuritaires à leurs personnels .
– A l’impasse des valeurs de la modernité et de la « religion du progrès », doit répondre une logique existentielle basée, au niveau indivividuel, sur l’intériorité, la joie de vivre, la sérénité et la paix , la tranquilité et le silence , et au niveau collectif, sur de multiples appartenances à des communautés librement choisies, loin de l’Etat, des bureaucraties et des pouvoirs de pacotille .
Cette mutation vitale ne viendra pas du « haut ». Elle est du ressort et de la responsabilité de chacun à son niveau. Une révolution par l’exemple, en somme.
